En quelques mots ....

 

Dette de l’état et dettes des banques

Droit dans le mur ...

dimanche 11 décembre 2011, par micheloury

"À la fin du deuxième trimestre 2011, la dette publique (de la France NDLR) s’établit à 1 692,7 milliards d’euros, la contribution de l’État à la dette ayant augmenté de 52,6 Md€ au deuxième trimestre. Il s’agit pour l’essentiel de sa dette négociable à long terme (+44,5 Md€). La dette à court terme et les dépôts des correspondants, hors administrations publiques, progressent respectivement de 4,5 Md€ et 1,8 Md€...."
Source INSEE : http://www.insee.fr/fr/themes/info-rapide.asp?id=40

Pourquoi la France est-elle sur le point d’être rétrogradée par les agences de notation, qu’est-ce que cela signifie exactement, et quelle influence cela peut-il avoir sur nos modes de vie ?

La France vit au-dessus de ses moyens, c’est à dire tout simplement que l’état dépense plus qu’il ne remplit ses caisses. Pas assez de taxes, d’impôts et trop de cadeaux fiscaux, d’exonérations de charges, etc. font que ce qui rentre est très inférieur à ce qui sort pour payer les charges de l’état (justice, police, armée, hôpital, éducation, etc.).
Pour rééquilibrer la balance, il y a plusieurs possibilités : diminuer les charges, augmenter les rentrées fiscales ou faire marcher la planche à billets. Ce dernier point nous est interdit de par notre appartenance à l’Europe et aux traités qui le régissent (Maastricht, Lisbonne, ...).
Si ces solutions ne sont pas suffisantes l’état doit emprunter : et donc il s’endette.

Qui prête aux états ?
L’état pour emprunter, dans sa propre monnaie, émet une obligation, sorte de contrat entre lui et le prêteur, avec une durée fixée et un un taux définit au moment de l’émission. Une obligation est donc moins risquée qu’une action mais ne procure qu’un rendement inférieur. En ce moment (dernières semaines de l’année 2011) l’état français emprunte à 3,5% environ, alors que l’Allemagne emprunte à la moitié, soit 1,7%.
Ce sont des particuliers, et surtout les sociétés « d’assurance-vie » qui prêtent à l’état. Les contrats d’assurance-vie en euros sont constitués à environ 80% d’emprunts d’état.
Ces titres sont négociables, et si j’ai acheté des obligations à 3,5%, je peux les revendre, en m’acquittant alors d’un impôt (soit sous forme de prélèvement libératoire, soit en déclarant la plus-value éventuelle dans mes revenus) et des diverses CSG, CRDS, ...
Imaginons que, d’un naturel prudent, et pour m’assurer un complément de retraite, j’ai placé 100 000 € en contrats d’assurance-vie en euros, à 3%. Ce contrat me rapporte donc 3 000 €/an.

Qu’est-ce ce triple A ?Le triple A est un moyen que des sociétés financières utilisent pour renseigner sur la capacité de remboursement des états. Il a pour objectif de renseigner les prêteurs (donc vous et moi via notre assurance vie, les sociétés spécialisées et les banques) sur la solvabilité de l’emprunteur.
Lorsqu’il y a surendettement, les banques qui n’aiment pas le risque vont prêter plus cher, c’est à dire à 6 ou 7% (conséquence connue de la perte d’un ou deux A sur cette échelle). Quelqu’un qui prêrait alors à ce moment là 100 000 € toucherait 6 ou 7 000 €/an, soit deux fois plus.

Influence de la perte de plusieurs A sur mes économies...
Si c’est justement maintenant que j’ai besoin de cet argent, pour couvrir des frais d’hospitalisation de plus en plus mal remboursés, je vais revendre. Mais mon acheteur, prête en ce moment à 6%. Il veut donc récupérer 6% de ce qu’il débourse. Comme mon prêt ne rapporte que 3 000 €/an, il va m’en donner 50 000 €. catr en effet 3000/50 000 = 6%.

Et j’ai donc perdu la moitié de mon bien.

Tout ceci n’est pas un secret, et donc je me dit que j’ai intérêt à revendre avant la perte du ou des A. Et tous ceux qui sont dans le même cas que moi pensent la même chose. Donc panique générale dans les agences d’assurance-vie et les banques, qui ne peuvent pas rembourser tout ce petit monde.
Et c’est là que l’état sort son article L612-33 du code des finances (cherchez donc sur Gogol) qui dit très exactement ceci :
« Lorsque la solvabilité ou la liquidité d’une personne soumise au contrôle de l’Autorité ou lorsque les intérêts de ses clients, assurés, adhérents ou bénéficiaires, sont compromis ou susceptibles de l’être, l’Autorité de contrôle prudentiel prend les mesures conservatoires nécessaires.

Elle peut, à ce titre :
1° Placer la personne sous surveillance spéciale ;
2° Limiter ou interdire temporairement l’exercice de certaines opérations par cette personne, y compris l’acceptation de primes ou dépôts ;
3° Suspendre, restreindre ou interdire temporairement la libre disposition de tout ou partie des actifs de la personne contrôlée ;
4° Ordonner à une personne mentionnée aux 1°, 3° et 5° du B du I de l’article L. 612-2 de suspendre ou limiter le paiement des valeurs de rachat, la faculté d’arbitrages, le versement d’avances sur contrat ou la faculté de renonciation ;
5° Prononcer le transfert d’office de tout ou partie du portefeuille des contrats d’assurance ou de règlements ou de bulletins d’adhésion à des contrats ou règlements des personnes mentionnées aux 1°, 3° et 5° du B du I de l’article L. 612-2 ;
6° Décider d’interdire ou de limiter la distribution d’un dividende aux actionnaires ou d’une rémunération des parts sociales aux sociétaires de ces personnes ;
7° Suspendre un ou plusieurs dirigeants de la personne contrôlée. »

En clair cela signifie que je ne peux plus disposer de mon argent.

Mais c’est pas fini...Les banques, comme vous devez le savoir ne disposent pas de tout cet argent qu’elle prête. D’une part elles emprunte à la BCE à un taux quasi nul, ce qu’elle vont prêter aux états à 3, 4, ou 7%, d’autre part elle invente de l’argent (voir ici dans ce dernier cas une très chouette vidéo).
Mais notre pauvre état ruiné par sa dette et qui emprunte aux banques est aussi celui qui donne à la BCE ! le cercle est bouclé : notre état ruiné ne peut plus alimenter la BCE, qui ne peut plus prêter aux banques etc...

Un peu de lecture :
« Les emprunts réalisés par les banques françaises auprès de la Banque centrale européenne (BCE) pour se financer ont été multipliés par presque trois entre août et octobre, selon des chiffres de la Banque de France consultés mercredi.... » PARIS, 23 nov 2011 (AFP)

« La Banque Centrale Européenne (BCE) est la banque centrale de la zone euro (les pays qui utilisent l’Euro). Une mission importante de la BCE est de définir et d’exécuter la politique monétaire européenne ce qui doit se traduire en une inflation faible et stable. Si vous recherchez des informations sur l’inflation en Europe (IPCH) cliquez ici, et ici pour un aperçu des taux d’inflation actuels d’un grand nombre de pays. A cette fin, elle utilise entre autres les taux d’intérêts. La BCE offre aux banques la possibilité de lui emprunter de l’argent. Les banques ont recours à cette facilité d’emprunt quand elles manquent d’argent. Sur ces prêts, les banques paient un taux d’intérêts, appelé le taux de refinancement. »
global-rates.com

Et vos biens immobiliers me dires-vous...
« Prenons un exemple simple pour comprendre la mécanique.
En 2010, un investisseur a acheté un bien immobilier SCELLIER dont le rendement (loyer/prix d’acquisition) est de 4%. Pour une acquisition de 100 000€, le revenu généré par l’investissement est de 4000€.
En 2019, alors que l’obligation de louer le bien est levée, l’investisseur désire revendre son immeuble. En 2019, la situation générale des taux a évoluée et le taux demandé n’est plus de 4% mais de 8% (8% étant un niveau proche de la moyenne historique). Entre 2010 et 2019, le montant du loyer a augmenté pour atteindre 5000€.
Lorsqu’il s’agira de revendre son immeuble, l’investisseur exigeant un rendement de 8%, le loyer de 5000€ permet de déterminer une valeur d’immeuble d’environ 62500€, soit une baisse de 37,5%. »
Alire ici : www.leblogpatrimoine.com

Alors vous comprenez mieux le sous-titre de cet article : Droit dans le mur !