En quelques mots ....

 

Google vous trompe-t-il ?

vendredi 14 septembre 2018, par micheloury

Depuis sa création en 1998, Google qui n’était au début qu’un moteur de recherche, s’est énormément développé. Pour rester jouer dans la cour des grands Google a acquis plus de 182 entreprises et brevets dans le monde entier et s’est lancé dans le médical, la voiture autonome, etc. Voir aussi le site de Wikipédia sur ce sujet. A tel point que l’on ne s’y retrouvait plus vraiment. C’est pourquoi Google a décidé de restructurer entièrement sa société en en créant une nouvelle, Alphabet. La société mère de toutes ces activités est donc Alphabet, Google n’en étant qu’une filiale qui se consacre maintenant uniquement à son objectif de départ, l’internet, via le moteur de recherche Google et le navigateur Chrome. Et c’est là que Google vient de commettre un impair.

Moteur de recherche et Navigateur sur l’internet

Pour s’y retrouver sur l’internet, deux outils sont indispensables : un navigateur et, pas indispensable, mais très utilisé, un moteur de recherche. Chrome est le navigateur aujourd’hui le plus utilisé au monde, et il en est de même pour le moteur de recherche Google. En France comme dans le reste du monde, près d’un utilisateur sur deux d’internet utilise Google comme moteur de recherche et un sur deux également utilise Chrome comme navigateur. Ces statistiques sont celles mesurées par StatCounter : Source : StatCounter Global Stats - Browser Market Share

Mais la dernière version de ce navigateur Chrome pose un gros problème.
Pour fêter son dixième anniversaire, Chrome vient en effet de sortir sa dernière version, numérotée 69.

Pour savoir quelle est votre version de Chrome, il vous faut cliquer sur les petits points en haut à droite du navigateur, qui ouvrent le panneau de configuration de Chrome, puis descendre sur "Aide" et enfin cliquer sur "À propos de Google Chrome", comme sur l’image ci-contre. Vous saurez alors si la dernière version (au 14/09/2018) est bien la version 69.
Dans cette nouvelle version de Chrome, Google a décidé, de son propre chef, et contre toutes les règles internationales, qu’il devenait inutile d’afficher le préfixe www. avant le nom d’un site, sous prétexte que par exemple www.oury.paris et oury.paris, c’était la même chose. Pour Chrome donc, maintenant, il n’y a plus aucune distinction entre le site oury.paris et le site www.oury.paris.
Dans ce cas c’est vrai, mais c’est à priori faux et cela porte préjudice autant à tous les créateurs et gestionnaires de sites qu’aux utilisateurs du monde entier.
De plus Google n’a aucun droit, légalement parlant, de supprimer des noms de domaines. Or www.nomdedomaine.fr et nomdedomaine.fr sont bien des domaines différents.

Le Domain Name System (DNS).

Tout équipement informatique, comme votre ordinateur, ou les sites auxquels vous vous connectez, qui se connecte à un réseau, comme l’internet, dispose d’une adresse, dite adresse IP (Internet Protocol). Cette adresse se présente, pour la version 4 du protocole internet (IPv4), comme une suite de quatre nombres séparés par des points. Chaque nombre est compris entre 0 et 255. Par exemple, le site google.fr a pour adresse IP la valeur 212.27.40.240, ce qui est, vous en conviendrez facilement, bien moins facile à retenir que le nom de domaine google.fr. On distingue donc deux moyens de désigner un système connecté à internet : son nom de domaine, facilement mémorisable, et son adresse IP. Le problème est que l’informatique ne sait lire que des nombres, et c’est là que le DNS intervient. Ce système de gestion des noms de domaine va automatiquement convertir l’adresse que vous tapez en lettres (par exemple google.fr) en une adresse IP, donc la suite de quatre nombres, transmissible et compréhensible par tous les relais et les serveurs d’internet pour finalement vous emmener au bon endroit.

Lorsque l’on crée un nouveau domaine sur internet, il faut l’héberger sur un serveur, et donc lui attribuer une adresse IP en même temps qu’un nom de domaine. Ceci est fait par votre hébergeur au moment de la réservation de l’espace d’hébergement. Et c’est à cet instant que l’hébergeur vous demande si vous voulez créer un site oury.paris et en même temps un site www.oury.paris, ce qui n’est pas obligatoire. Si vous faites ce choix, les deux sites avec et sans les www auront la même adresse IP et donc s’ouvriront sur la même page internet.

Mais certains développeurs de sites ne souhaitent pas que le nom de domaine avec et sans les www conduisent à la même page et demandent donc deux adresses IP, une pour le site dont le nom de domaine commence par www et une autre pour le site sans les www.

Si vous souhaitez connaître l’adresse IP d’un site à partir de son nom de domaine, vous pouvez depuis votre ordinateur lancer, en mode administrateur, le programme cmd.exe et lui passer la commande nslookup suivie du nom de domaine. Cette façon de faire est à réserver aux utilisateurs confirmés sous Windows.

Beaucoup plus facilement de nombreux sites se proposent de vous indiquer quelle est l’adresse IP de votre ordinateur au moment où vous vous connectez à l’internet. C’est ce que fait par exemple le site http://www.mon-ip.com, mais il y en a beaucoup d’autres qui font ça tout aussi bien.
Si vous n’avez pas demandé à disposer d’une adresse IP fixe, constante, vous aurez alors une adresse variable que votre fournisseur d’accès à internet vous fournira à chaque fois que vous vous connecterez à l’internet. Ceci permet de se partager les adresses entre utilisateurs. Car effectivement avec ces pauvres petits nombres compris entre 0 et 255, on ne disposent que de 256×256×256×256 = 4 294 967 296 valeurs distinctes pour tous les sites et ordinateurs du monde connectés à un moment t à l’internet. Or quatre milliards de machines, cela inclut tous les téléphones mobiles, ordinateurs de bureaux, serveurs, etc. du monde entier et est bien peu aujourd’hui.
C’est pour cette raison, qu’il a fallu définir une nouvelle norme d’attribution des adresses IP, dîte IPv6.

Comment voir les www

Pour l’instant donc, si votre mise à jour de Chrome est automatique, vous disposez probablement de la version 69 de ce navigateur. Google n’ayant aucunement le droit de décider seul du fonctionnement de l’internet se trouve en face de très nombreuses protestations du monde professionnel. Mais tant que Google ne fera pas marche arrière, vous ne pourrez pas savoir si vous êtes réellement sur un site en www ou en mode sécurisé https, ... que Google a nommé "triviaux". Un site, malheureusement pour certains, en anglais, fait très bien le point sur cette affaire : https://news.softpedia.com/news/how-to-bring-back-www-and-http-flags-in-google-chrome-69-address-bar-522640.shtml La page chrome : // flags du navigateur Chrome contient une multitude de paramètres cachés du navigateur de Google. Le plus souvent des fonctions expérimentales, c’est à dire pas implantées comme des standards et accessibles seulement via cette page. Vous y trouverez un certain nombre d’options que vous pourrez valider (Enable) ou désactiver (Disable). Par exemple mémoriser automatiquement vos mots de passe ou pas, etc. Un avertissement vous signale que l’activation ou la désactivation de ces fonctions risque de planter votre navigateur, mais soyez sans crainte vous allez pouvoir revenir à une configuration classique de Chrome qui distingue bien les sites avec ou sans les www, en mode sécurisé https ou pas (http seulement), etc. Jai testé la fonction "Omnibox UI Hide Steady-State URL Scheme and Trivial Subdomains" qui permet de faire ou non cette distinction et elle fonctionne parfaitement. Allez donc à cette page chrome ://flags/#omnibox-ui-hide-steady-state-url-scheme-and-subdomains, désactivez (Disable) la fonction de cache des sous domaines triviaux comme les www et le tour est joué.

Et si vous n’osez pas faire ça tout seul, souvenez-vous que notre association Antec, à but non lucratif (loi de 1901), peut faire ça à distance, comme tout l’entretien et le dépannage de vos ordinateurs, pour une modeste contribution annuelle.
Antec a, ou a eu, pour partenaires le Ministère de l’Éducation Nationale, la SNCF, Schneider-Electric, les Éditions Delagrave, Siemens, l’AFDET, l’UPSTI, ...

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